Lundi 14 juin 2010 1 14 /06 /Juin /2010 20:12

Un roman pouvant laisser perplexe plus d'un lecteur, de prime abord, non pas son contenu, mais par son sujet. En effet, combien d'adaptation de films ou jeux vidéo sur papier se sont révélées ratées ou décevantes? C'est donc un peu sceptique moi aussi, mais décidée à tenter l'aventure pour le simple fait que je suis fan des jeux du même nom, que je l'ai acheté et que je me suis rapidement attelée à sa lecture. Et le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il s'agit au fond d'une agréable surprise.

 

http://www.veryimportantplayer.net/wp-content/uploads/2010/02/j-v-nouvelles-images-assassins-creed-2-L-1.jpegLa trame semble devoir relater l'histoire de Desmond, le jeune homme ayant hérité génétiquement de la mémoire des Assassins, ses ancêtres, et de ses expériences avec l'Animus, cette machine ayant le pouvoir de le plonger des siècles en arrière dans la peau de ses aïeux, afin de lui faire vivre ce qu'eux mêmes avaient vécu, comme c'est le cas dans les jeux. Pourtant, dès le départ, cet aspect là est passé à la trappe. On suit la vie d'Ezio, le héros d'Assassin's Creed 2, et seulement lui. L'aspect fantastique est ainsi quelque peu diminué, pour se rapprocher plus volontiers du roman historique. Malgré cela, on peut tout de même le considérer comme un roman fantastique en raison de certains petits aspects tout au long de l'oeuvre (pages du codex, reliques magiques, etc...).

Le début du roman m'a fait sourire amèrement, me faisant me dire "Voilà, je m'y attendais, encore une adaptation médiocre et commerciale". En effet, on dirait que l'auteur cherche un style, une façon d'écrire. La narration est un peu hasardeuse, le style parfois maladroit, et les répétitions nombreuses (et d'ailleurs, ces dernières resteront présentes tout le livre). Il y a également des phrases maladroites et incohérentes, parmi lesquelles j'en ai retenu une: "Il (Ezio) monta [...] pour rejoindre la mère et la soeur d'Ezio." L'utilisation de "sa mère" et "sa soeur" semblent pourtant tout indiquée. Auteur débutant ou incompétence plus ou moins avérée du traducteur? Mystère. Toujours est-il que ce genre de petites choses m'a passablement fait grimacer.

 

http://media.ubi.com/uk/assassinscreed/renaissance.jpg

Soyons clairs: j'ai eu du mal sur le début du livre. Mais, alors que je finissais par me dire que je le lirais en vitesse pour le mettre dans un coin de ma bibliothèque, l'auteur a fini par prendre en assurance, le style s'affirmant et se mettant vraiment en place. Cette fois, la lecture était bien plus agréable et plus fluide, facilitée. Le plaisir a rapidement suivi, et je me suis remise à lire parce que cela me plaisait, et non pour le finir.

C'est avec joie que j'ai trouvé dans ce roman des aspects sous-entendus dans le jeu, ici clairement énoncés. Je pense notamment à la relation amoureuse entre Ezio et Rosa, la voleuse de Venise, qu'on ne peut que deviner dans Assassin's Creed II. Dans le roman au contraire même si l'auteur ne s'étend pas sur ce détail, il est cependant mentionné de façon claire. De même, les relations entre les personnages sont plus fouillées que dans le jeu, malgré le côté solitaire invétéré d'Ezio.

 

J'ai également trouvé particulièrement plaisant que des mots et expressions soient laissés en italien dans le texte, comme c'est également présent lors de cinématiques du jeu. Ayant moi-même étudié cette langue, cela m'a plus d'une fois fait sourire. Cela ajoute un petit côté vrai à l'oeuvre et renforce l'immersion du lecteur. Et, si jamais vous ne parlez pas l'italien, ne vous en faites pas: un petit lexique a été rajouté à la fin rien que pour vous.

Pour ceux qui craindraient également que le livre se contente de suivre la trame du jeu pour la raconter de manière différente, là encore, je les rassure. En effet, des éléments inédits et supplémentaires sont ajoutés: des quêtes et des éléments absents du jeu sont ici rajoutés à l'histoire sans que cela gêne aucunement, même pour une fan invétérée telle que moi. Certains autres détails ajoutant de la profondeur au jeu pour rajouter de la durée de vie ont également été passés sous silence: je pense notamment à la quête des tombeaux des Assassins pour obtenir l'armure d'Altaïr.

 

Au final, si ce livre ne sera certes pas la révélation de l'année, il faut lui rendre justice en avouant qu'il y a eu un effort de fait. Si le début est hasardeux, il finit par prendre en assurance et reste une lecture agréable et rafraîchissante, qui devrait aussi bien plaire aux fans du jeu qu'aux lecteurs ne connaissant pas l'original. A lire pour passer un bon moment de détente au bord de la mer ou de la piscine cet été, ou même simplement pour se changer agréablement les idées.

Par Black Moon Dream - Publié dans : Livres
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Lundi 14 juin 2010 1 14 /06 /Juin /2010 18:09

Après une absence assez conséquente due à mes examens de fin d'année, je reprends les rênes de ce blog en main et commence la suite des réjouissances avec une critique des tomes 2 et 3 du cycle de Téméraire de Naomi Novik, Le Trône de Jade et Par les Chemins de la Soie. Par ailleurs, avant d'entrer dans le vif du sujet, pensez à mettre un petit commentaire sur les articles après les avoir lus pour me donner votre avis sur l'objet de la critique, sur la façon dont j'ai traité le sujet ou sur ce qui vous passe par la tête, ça fait toujours plaisir ;)

 

http://www.librairiepantoute.com/img/couvertures_300/300839.jpgPour commencer, on pourra dire que ces deux tomes ont un contenu très différent. Après le premier tome plutôt initiatique, marquant l'arrivée de Laurence et Téméraire dans les Aerial Corps, le tome 2 prend une orientation bien plus politique. En effet, le jeune homme et son dragon doivent se rendre en Chine pour des raisons diplomatiques, car l'empereur désire récupérer Téméraire. C'est donc un tome relativement dépourvu d'action, mais au contraire regorgeant de manoeuvres politiques et de complots.

Le principal défaut de ce tome, pour moi, c'est en effet sa lenteur. J'ai regretté que près de la moitié du livre se déroule durant la traversée du globe en bateau pour rallier la Chine, voyage certes long, mais qui aurait gagné à être légèrement écourté en volume dans le roman. Sinon, pas de reproche majeur à faire, la plume de Novik reste agréable et fluide, même si le Trône de Jade est peut-être celui que j'ai le moins apprécié des trois que j'ai lu à l'heure actuelle.

Un autre petit "reproche" à formuler: l'absence (logique cependant) des personnages du premier volume, restés en Angleterre. Et l'aspect qui m'a peut-être le plus agacée dans le roman est le changement de catactère de Téméraire. Au contact des dragons chinois, il se met à penser en philosophe et à faire le délicat pour ses repas, désirant faire appliquer le changement en Europe, sans voir à quel point c'est impossible. Le fait qu'il reste bloqué sur ses idées sans vouloir en démordre m'a un peu énervée vers la fin.

Sinon, j'ai grandement apprécié le fait de faire la connaissance d'un nouveau peuple et de voir de quelle façon (très très différente de l'Occident) il vit avec les (nombreux) dragons locaux. L'univers reste toujours aussi cohérent, et le mélange Histoire et fantastique se fait avec la même fluidité qu'auparavant, une des choses qui m'avaient séduite.

 

http://www.elbakin.net/fantasy/modules/public/images/livres/livres-chemins-de-la-soie.jpg

En revanche, au tome 3, agréable surprise: ça bouge à nouveau! Laurence et Téméraire sont investis d'une importante mission: aller récupérer des oeufs de dragons achetés à l'Empire Ottoman (l'actuelle Turquie). Ce volume est donc dès le départ (ou presque, après une petite introduction encore légèrement "politique") placé sous le signe de l'action. Le périple pour rallier la Turquie ne sera pas de tout repos pour nos héros qui vont devoir survoler tout un continent souvent désertique, en faisant face à des dangers aussi bien naturels qu'humains.

Quand ils parviennent au but, c'est un nouveau rebondissement qu'on nous propose: on leur refuse les oeufs, et on les enferme sous le masque de l'hospitalité. C'est un retour pendant un temps au côté politique du cycle, qui nous permet également de découvrir la culture humaine et draconique du peuple ottoman, toujours aussi cohérent. Finalement, nos héros prennent la décision de voler les oeufs que l'Angleterre avait achetés, et s'enfuient pour rejoindre leur patrie avec leur bien. Malheureusement, ils seront stoppés en Prusse par une grande bataille entre les Allemands et les Français menés par Bonaparte lui-même. Une fois de plus, nous voyons combien la relation des habitants avec les dragons diffère d'un pays à l'autre. De plus, une belle bataille nous est offerte, épique à souhait , et les pages défilent sans qu'on le remarque. Finalement, le livre se termine vers un retour définitif au pays qui est programmé, avec en plus un nouveau personnage un peu inattendu qui fait son arrivée, et qui jouera sans doute un grand rôle dans le tome 4.

 

Pour conclure, je dirais que ces deux tomes continuent agréablement un cycle original dans son genre, rafraîchissant et valant la peine d'être connu. L'univers reste cohérent, à tel point qu'on peut penser que les dragons avaient réallement existé par le passé. Faire la connaissance des différents peuples est un réel plaisir, et cela permet de comparer les modes de vie avec les dragons d'un pays à l'autre. La richesse des races de ces animaux légendaires est assez impressionnante, et c'est avec plaisir que je me lance dans la lecture du 4e tome. Une oeuvre que je conseille vivement.

Par Black Moon Dream - Publié dans : Livres
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Jeudi 22 avril 2010 4 22 /04 /Avr /2010 11:30

Darksiders est un jeu d'action/aventure développé par Vigil Games et édité par THQ, sorti le 6 janvier 2010 en France, sur PC, Xbox 360 et PS3, et interdit aux moins de 18 ans. Ce jeu met en scène Guerre, l'un des quatre Cavaliers de l'Apocalypse, oeuvrant sur la Terre dévastée par la fin du monde pour rétablir la vérité sur un complot formaté par les Enfers pour briser l'équilibre entre Bien et Mal.

 

http://sidestrafe.co.uk/wp-content/uploads/Darksiders1.jpgOn pourra dire de ce titre qu'il démarre sur les chapeaux de roue. Dès le début, le joueur se retrouve plongé au coeur de l'action, en train de contrôler Guerre en plein milieu de l'Apocalypse, dans le monde des humains en proie à une bataille entre Anges et Démons, chose qui ne s'était pas produite depuis l'apparition de la race humaine, et bafouant un traité visant à interdire toute violation de la paix tant que les humains ne seront pas prêts eux aussi à entrer dans le conflit. Pour ce faire, sept sceaux ont été placés, et le conflit entre les deux partis ne pourra reprendre que lorsqu'ils seront brisés.

D'entrée de jeu, au cours du didacticiel, on est déjà confrontés à de puissants ennemis, fort heureusement ridicules comparés aux pouvoirs de Guerre. Malheureusement, cela ne durera pas, car dès le 1er boss du jeu, à la fin du didacticiel, le Cavalier se retrouve pris d'une faiblesse incompréhensible, et qui va le poursuivre tout au long du jeu, réjouissez-vous! Bah oui, ce serait moins amusant si cette armoire à glace en armure poutrait tous les boss d'une pichenette, non...?

 

http://download.gameblog.fr/images/jeux/3311/darksiders_360_jaquette001.jpg

Dès le départ, ce jeu m'a fait penser à Devil May Cry 4, à la fois par son ambiance et par certains aspects du gameplay (le fait de récolter des âmes, vertes pour la santé, jaunes pour la jauge de courroux, bleues pour le commerce, ainsi qu'une des armes secondaires de War, un pistolet imposant à munitions illimitées). On pourra cependant le rapprocher plus volontiers d'un Prince of Persia, ou d'un God of War, malgré l'absence de phases d'acrobaties par rapport au 1er de ces deux titres (en même temps, le gaillard n'est pas franchement taillé pour la voltige...). Le jeu est en effet un savant mélange (souvent gagnant) de combats épiques et intenses contre des ennemis variés, et de phases d'exploration et de réflexion. On peut d'ailleurs saluer l'intelligence des développeurs qui ont eu la bonté de nous mettre une petite map pour nous guider, parce que sans ça, certains donjons seraient véritablement infernaux à faire. De plus, la prise en main est tout bonnement excellente. Si le jeu n'est pas facile de ce point de vue là, car toutes les touches de la manette sont mises à contribution, et effectuer les nombreux combos demande un certain doigté et une maîtrise qu'on finit par acquérir, la prise en main reste instinctive et ne demandera pas de gros efforts pour faire bouger le tas de muscles. On soulignera peut-être un petit défaut au niveau du double-saut qui n'est parfois pas pris en compte, et qui vous fera tomber dans un gouffre insondable, vous forçant à recommencer, ce qui peut, je l'avoue, se montrer plus qu'agaçant...

Dans les donjons, on pourra carrément remarquer une influence Zelda de par la manière de progresser en étant confrontés à des énigmes. Au fur et à mesure de la progression dans le jeu, on fera appel à de plus en plus de compétences acquises précédemment, et les nombreux équipements secondaires raflés peu avant les boss pour pouvoir les massacrer (Zelda, vous dis-je...), tels que la Lame Boomerang, le Grappin ou encore le Gantelet, seront bien plus d'une fois mis à contribution. Au niveau des combats, cela se résume en peu de choses: c'est violent, sale, intense et jouissif. Les ennemis sont variés et extrêmement soignés, et voir Guerre leur tailler dans le lard à la fois à coups d'arme et de capacités procure une intense satisfaction. Rajoutez à cela les finish mooves déclenchés par des actions contextuelles, afin d'achever même les plus gros dans des gerbes de sang, et vous aurez véritablement devant vous une scène épique.

 

Au niveau graphique à présent. C'est beau. C'est soigné. C'est varié. Ce n'est certes pas aussi éblouissant qu'un Assassin's Creed ou qu'un Final Fantasy XIII, mais cela reste tout bonnement beau. Le design est assez particulier, mais colle magnifiquement à la trame. La plupart des personnages seront assez massifs et carrés, les lieux assez sombres, mais rien de choquant en cela. Après, il faut avouer que soit on aime, soit on n'aime pas, mais le travail accompli reste saluable. Les univers variés sont particulièrement beaux (cathédrale, désert, ancien métro noyé, montagnes de glace...), et les boss sont également très soignés.

Pour ce qui est du son, nouveau sans faute. La BO est très belle est variée, avec des thèmes symphoniques plongeant immédiatement le joueur dans l'ambiance. Quant aux doublages, on ne peut qu'applaudir le fait que le jeu soit intégralement en français... et que les voix des personnages restent crédibles! Les doublages en français sont tout bonnement excellents, et c'est un nouveau bon point pour le titre.

 

http://www.playzine.fr/images/jeux/darksiders/news/Darksiders_demo_28_fevrier.jpgL'aventure vous prendra au total une bonne vingtaine d'heures au moins, plus si vous traînez un peu partout pour massacrer l'environnement en grande partie destructible pour pouvoir récupérer les âmes bleues à échanger contre des améliorations ou des cristaux de soins auprès du démon Vulgrim. Certains passages sont très ardus et risquent également de faire grimper le nombre de vos heures de jeu jusqu'à ce que vous parveniez au bout de ce passage (merci beaucoup aux checkpoints fréquents qui nous simplifient la tâche sans qu'on aie à refaire certaines actions en rallumant le jeu). Il faut également compter quelques heures de plus pour découvrir les objets cachés (par exemple, les Artefacts de la Légion Perdue, souvent bien cachés ou difficiles à atteindre). Vous pouvez aussi tout simplement revisiter des niveaux en passant par l'Antre des Serpents, afin de chevaucher votre monture démoniaque Ruine dans le désert, par exemple, ou alors tout simplement en retournant régler leur compte à des ennemis revenus dans les endroits déjà visités. Et puis, qui n'a jamais rêvé de tabasser du zombie à coups de parcmètre, de décapotable ou de tronc d'arbre?

 

En définitive, ce jeu est un chef d'oeuvre qui vous scotchera à l'écran durant un bon moment. Offrant un scénario fouillé avec des personnages profonds et des environnements variés, il propose également un héros qui gagne grandement en puissance en obtenant de nombreuses armes et compétences tout au long de la progression. Capable de chevaucher un gigantesque étalon apocalyptique, de nager sous l'eau pendant des heures, de manier armes blanches variées (épée massive, faux...), armes à distance meurtrières (pistolet, lame boomerang...) et accessoires pratiques (grappin, corne d'appel...), tout en massacrant des hordes d'ennemis sans pitié issus aussi bien des enfers que du paradis à l'aide de ses armes et de ses compétences, Guerre est un héros charismatique qui n'a pas fini de vous étonner... D'autant plus que la cinématique de fin promet de nouveaux opus tout aussi palpitants! Enjoy!

Par Black Moon Dream - Publié dans : Jeux vidéo
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Lundi 19 avril 2010 1 19 /04 /Avr /2010 16:46

Les dragons de Sa Majesté est le 1er tome du cycle de Téméraire, composé pour l'heure de cinq romans dont quatre sont déjà parus en France, et écrit par Naomi Novik, une auteure américaine. Ce cycle appartient au sous-genre de la fantasy historique, et dans le genre plus général du fantastique.

 

titre-temeraire.jpg L'action du roman se situe au début du XIXe siècle, dans les années 1800, durant les guerres napoléoniennes. Nous nous retrouvons du côté des Anglais, les Français ayant donc le rôle des "mauvais" dans l'affaire. Au cours d'une prise d'un navire français, le capitaine Will Laurence met la main sur ce qui s'avère très vite être un oeuf de dragon malheureusement sur le point d'éclore, butin très rare et convoité. L'Angleterre, contrairement à la France, a en effet un grave déficit en dragons de combat pour son armée de l'air, les Aerial Corps. Afin que le dragon ne devienne pas sauvage à l'éclosion, le capitaine organise un tirage au sort pour désigner celui qui sera chargé de devenir son maître et de lui passer le harnais, étape indispensable pour le "domestiquer". Cependant, à la naissance, le dragonneau choisit de lui-même Laurence, qui est contraint de lui passer le harnais, renonçant du même coup, non sans regrets, à sa vie d'officier de la Navy, vie qu'il apprécie pourtant beaucoup. Dès lors, le jeune homme et son dragon qu'il a baptisé Téméraire, vont devoir rejoindre les Aerial Corps pour y suivre une formation accélérée. Laurence perdra tout dans l'affaire: sa fiancée, son héritage, la considération (déjà bien maigre auparavant) de son père et de ses pairs de noble naissance. Il devra en plus essuyer le mépris des autres aviateurs qui considèrent que laisser un dragon aussi rare que Téméraire entre les mains d'un marin relève presque de l'hérésie.

 

Maintenant que la présentation est faite, passons à la critique. Je dois avouer que tout d'abord, lorsque j'ai déniché par hasard ce roman dans le rayon à la librairie, j'ai été rebutée. En effet, je m'attendais à me retrouver avec du déjà-vu, une sorte d'Eragon revu et corrigé pour les adultes. J'ai donc soigneusement remis le premier tome en rayon pour jeter mon dévolu sur autre chose.

C'est en discutant sur un site bien éloigné de la littérature, avec un membre également féru de fantasy, que j'ai à nouveau eu vent de ce roman, car la personne en question était en train de le lire, et apparemment, avec un avis très positif dessus. Cela a donc titillé ma mémoire, et j'ai décidé de retourner faire un saut en librairie un jour suivant pour me le procurer. Dès que Le Royaume de Tobin fut bouclé, je m'y suis attelée.

Que dire en premier si ce n'est que j'ai été agréablement surprise? En tant qu'étudiante en Histoire, j'ai un regard assez critique quand un roman mélange aussi bien les faits historiques que la fiction. De ce point de vue là, pas le moindre souci: l'auteur connaît la période et y évolue avec aisance, sans toutefois nous assommer d'évènements historiques, de noms ou de dates à outrance. Ce contexte sert plutôt de background au roman, qui n'en est nullement moins crédible. Novik réussit si bien à intégrer les dragons dans le monde passé qu'on en parvient presque à douter du fait qu'ils n'aient jamais existé (elle les fait notamment figurer comme armée de l'air dès l'Antiquité, les Romains ayant été les premiers à parvenir à domestiquer ces grandes créatures). Il est d'ailleurs amusant d'avoir des références à des oeuvres d'art connues, où sont intégrés des dragons.

 

Du côté des charmantes bébêtes à proprement parler, on peut retrouver là aussi une originalité. Si le fait qu'ils se http://www.decitre.fr/gi/36/9782842282936FS.gifdévouent corps et âme à un "maître" (qui sera plus un ami très cher), qu'ils soient intelligents (pour la plupart, certains étant plus stupides que d'autres) et doués de parole, et qu'ils bénéficient d'une grande longévité n'est pas sans rappeler Eragon, on pourra cependant trouver des différences notables qui donnent de la fraîcheur à l'oeuvre et l'écartent définitivement du cycle de l'Héritage.

Pour commencer, les dragons se déclinent en de nombreuses races adaptées à divers besoins (combat, service postal, espionnage...) grâce à l'élevage et aux croisements, comme le seraient des chiens ou des chevaux. Chaque pays possède de nombreuses races qui lui sont propres, comme le gigantesque Regal Copper anglais, le redoutable Flamme-de-Gloire français ou le rarissime et raffiné Céleste chinois. Ces races sont de tailles, couleurs et de comportements très variables, et peuvent être classés en deux catégories: les dragons lourds, très prisés pour le combat, et les dragons légers, utilisés aussi bien pour le service postal que pour le combat dans les formations militaires.

Les dragons sont naturellement montés au combat par leur capitaine, mais également, et là est l'originalité, par tout un équipage comme on pourrait le trouver dans un avion. Chaque dragon, même petit, possède à la fois une équipe au sol, chargée de l'entretien des harnais et du bien-être de la bête, et une équipe de combat, composée de fusiliers, d'enseignes, etc... Afin de chevaucher les dragons, ces hommes sont équipés d'un harnais à boucles afin de pouvoir évoluer sur la créature en vol en se servant des mousquetons pour s'accrocher aux nombreux anneaux du harnais. Naturellement, selon sa taille, le dragon peut emporter plus ou moins d'hommes. Les plus petits, comme les Winchesters anglais, ne servant pas durant les batailles, n'ont par ailleurs qu'une équipe au sol.

On pourra également noter que tous les dragons ne possèdent pas la capacité de cracher du feu, contrairement à l'image classique que l'on en a. C'est même une faculté plutôt rare et recherchée que possèdent certaines races comme le Flamme-de-Gloire. Si la plupart ne sont dotés d'aucune capacité à cracher quoi que ce soit, certains peuvent cracher de l'acide, tel que le Longwing anglais, ou alors une puissante onde sonore, tel que le Céleste (faculté appelée chez cette race "Vent Divin"). Novik a également pris la peine d'intégrer des femmes dans les rangs des Aerial Corps, en dotant les Longwings de la particularité de n'accepter que des capitaines femmes, alors qu'évidemment, à l'époque, seuls les hommes font la guerre (c'est d'ailleurs pour cette raison que l'existance des femmes capitaines reste cachée à la face du monde). Pour finir, les dragons ne sont pas plus dotés de magie que leur capitaine.

Enfin, si les dragons sont dotés d'une prodigieuse longévité (plusieurs centaines d'années), ce n'est pas le cas de leur capitaine. Celui-ci meurt donc pratiquement toujours avant son dragon, car son espérance de vie est bien plus courte. Après le décès de son capitaine, le dragon peut refuser d'en accepter un autre, car son attachement pour l'ancien était extrêmement fort. Pour faciliter les choses, c'est bien souvent le fils (la fille dans le cas du Longwing) ou le petit-fils qui prend la relève, car il est plus proche de l'être perdu, et lui aussi affecté par sa disparition.

 

Du côté des personnages à présent. Le moins que l'on puisse dire est qu'ils sont sympathiques et hauts en couleur. Laurence, avec son sens aigu du devoir et son comportement de gentleman, a pourtant une légère tendance à la susceptibilité, et le fait d'avoir reçu une éducation de marin et non d'aviateur (ces derniers vivant en ermites loin de la société pour pouvoir s'occuper de leurs dragons) ne facilite absolument pas le contact avec les autres. Cependant, son sens aigu de la justice et sa bonté naturelle en font un personnage attachant.

Téméraire quant à lui, est un dragon curieux et intelligent, presque un peu trop humain, se passionnant pour la littérature, les mathématiques, les sciences et les langues, et ses facéties involontaires m'ont plus d'une fois fait rire toute seule dans mon coin.

Quant aux personnages secondaires, ils sont également soignés et agréables. Même s'il y en a un certain nombre, on n'a aucun mal à retenir qui est qui, tant au niveau des humains que des dragons, et l'auteur a fourni un travail soigné pour la personnalité et l'histoire personnelle de chacun.

 

Pour conclure, je dirais que ce premier tome du cycle se lit particulièrement bien. Très agréable, original et rafraîchissant, il est abordable pour un large public, car la plume facile et fluide de Naomi Novik se laisse lire sans peine. De plus, il n'est pas utile d'être une pointure en Histoire pour l'essayer, et comprendre.

Bref, c'est une lecture que je conseille vivement à tous ceux qui voudraient tenter l'aventure. Vous ne serez pas déçus, et vous pourrez découvrir un agréable cycle!

Par Black Moon Dream - Publié dans : Livres
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Mercredi 7 avril 2010 3 07 /04 /Avr /2010 19:45

Comment mieux entamer ma rubrique jeux vidéo qu'avec un titre qui m'a conquise? Ainsi, cet article présentera et critiquera le jeu Dragon Age: Origins, un RPG des studios américains Bioware, sorti le 5 novembre 2009 sur Xbox 360, PS3 et PC.

 

http://download.gameblog.fr/images/jeux/3991/DragonAgeOrigins_360_jaquette001.jpgQue dire de ce jeu pour commencer, si ce n'est qu'il m'a bouleversée comme pratiquement aucun jeu jusqu'alors ne l'avait fait? Par bien des aspects, il se montre plus personnel que la plupart des videogames que l'on a l'habitude de voir ces derniers temps. Par où commencer, le mieux ou le pire? Bah, le pire n'étant pas vraiment la masse, autant commencer par le meilleur, pour une fois!

 

Alors donc, premier point fort du jeu: son scénario. Pouvant passer pour assez "classique", le royaume de Ferelden étant envahi par un Enclin, mouvement d'une armée d'Engeances (qui ressemblent pour certaines aux Orcs du Seigneur des Anneaux, et pour d'autres aux Locustes de Gears of War), que vous devez évidemment sauver. Rien de bien mirobolant sur la base, certes. Cependant, c'est dès l'instant où vous devez créer votre personnage que tout devient subitement plus intéressant. En effet, vous avez le choix entre trois races (Humain, Elfe et Nain) et trois classes pour chacune d'elle (Guerrier, Voleur et Mage, à l'exception des Nains pour cette dernière classe), ce qui peut sembler peu, mais offre de nombreuses perspectives. Vous avez donc le choix entre six scénarios de base: Mage humain ou elfe (même scénario), Elfe Dalatien (ce qu'on peut le plus rapprocher de notre version "classique" des Elfes) guerrier ou voleur, Elfe citadin guerrier ou voleur, Humain noble guerrier ou voleur, Nain noble guerrier ou voleur, Nain roturier guerrier ou voleur. Pour chacun de ces scénarios, vous pouvez incarner un homme ou une femme et le faire exactement selon votre bon vouloir (physique, nom). Ces scénarios de base sont particulièrement bien ficelés, fouillés dans le fond comme dans la forme, et permettent une immersion parfaite et immédiate.

Mais le gros point fort du jeu réside dans le fait que le moindre de vos choix influe sur le déroulement de l'histoire. Au cours des nombreuses cinématiques, on vous demandera fréquemment votre avis, et chacune de vos réponses aura une conséquence, bonne ou mauvaise, et vous permettra également de donner un vrai caractère à votre personnage. Ajoutez à cela le fait que vous pouvez lier des relations d'amitié et plus si affinité avec vos compagnons de route (4 liaisons amoureuses possibles, deux femmes et deux hommes, dont un de chaque sexe est bissexuel, l'ouverture d'esprit étant très grande sur le jeu), et engager de nombreux dialogues avec eux afin d'en apprendre plus sur leur passé, leurs désirs... Quant au fait de pouvoir vivre le parfait amour avec un des quatre personnages recrutables, c'est un bonus fort agréable pour agrémenter le jeu. Petit reproche: sur les huit personnages (plus un personnage bonus déblocable de manière spéciale), seule la moitié se prête à une romance avec de plus ou moins grandes facilités. Vous aurez ainsi le choix entre le tendre Alistair (uniquement intéressé par les femmes à orientation bénéfique), l'irascible Morrigan (uniquement intéressée par les hommes quelle que soit leur orientation), le coureur de Zevran (intéressé par hommes et femmes quelle que soit leur orientation) et la dévote Leliana (intéressée par hommes et femmes à orientation bénéfique). Les deux relations ayant le plus d'intérêt à être nouées d'un point de vue scénaristique étant celles avec Alistair et Morrigan, car elles sont les plus fouillées et influeront directement sur le scénario. Par ailleurs, sachez que plus de cinq fins différentes sont possibles!

On pourra également saluer le grand humour présent tout au long du jeu, aussi bien au cours des cinématiques que durant les dialogues spontanés entre les personnages de votre groupe durant vos déplacements, et qui sont tout bonnement tordants. Ces dialogues sont influencés par les relations qu'entretiennent vos équipiers entre eux (par exemple, Alistair déteste cordialement Morrigan, qui le lui rend bien, ce qui donne lieu à des dialogues particulièrement salés), ainsi que par la composition de votre équipe (certains personnages sont plus loquaces que d'autres). Par ailleurs, le niveau d'affinité de votre personnage avec ses coéquipiers est primordial: vos actions influent sur l'estime qu'ils vous portent, en bien ou en mal, et si jamais un équipier vous déteste trop, il partira sans aucun moyen de le faire revenir.

On notera également quelques petites originalités au niveau du scénario général: les Elfes mortels (seuls leurs ancêtres étaient immortels), considérés par les humains comme leur étant inférieurs (ils avaient été les esclaves des humains par le passé), et ne s'entendant absolument pas avec ce peuple (si les Elfes citadins vivent dans la misère dans les quartiers pauvres des villes humaines et sont employés comme domestiques, les Elfes Dalatiens, eux, sont revenus à leurs clans nomades dans les forêts de Ferelden et ailleurs et tuent sans hésitation les humains qu'ils croisent), mais n'ayant aucun grief à l'égard des Nains, par exemple.

 

Les points faibles maintenant. Comme déjà signalé, on pourra regretter de ne pouvoir romancer que quatre http://static.jvn.com/files/data/media/e6/e609/e6095c7496-dragon-age-origins-pc-28271.jpgpersonnages seulement. On regrette aussi le fait que chaque rupture amoureuse entre votre personnage et l'un des quatre compagnons possibles soit définitive: le personnage pourra toujours redevenir un ami, mais plus jamais un amant.

Autre point faible: les graphismes. Si la réalisation des personnages est belle et soignée, avec des visages expressifs, les décors sont plutôt datés (à cela, on peut se justifier par le fait que la production a duré bien des années, et a commencé vers 2004, ce qui explique cette faiblesse). En revanche, on ne leur en tiendra pas rigueur sur ce point: cela reste supportable et même agréable à regarder et coloré, les personnages comme les ennemis sont bien faits et crédibles, et on passe quand même une bonne trentaine d'heures (voire plus avec les quêtes annexes) à s'amuser. On pourra aussi chipoter en râlant contre les bugs de collision et de superposition que l'on peut rencontrer, ainsi que de petits détails rageants (la barbe tressée de notre Nain favori traversant le plastron de son armure quand il bouge la tête, par exemple...).

 

Pour conclure, on peut dire que Bioware signe là une merveille qui vous scotchera derrière votre écran, les mains sur la manette, pendant de nombreuses heures. Ajoutez à cela les extensions de jeu qui arrivent les unes après les autres (comme Dragon Age Origins: Awakening, sorti en mars 2010, et qui fera sans doute l'objet d'un nouveau test) où vous pouvez toujours incarner votre personnage pour de nouvelles aventures, et vous aurez vraiment une belle durée de vie devant vous.

Et puis, personnellement, cela m'a amenée à faire une fanfiction pour retracer l'épopée de mon personnage fétiche: Maïwen, mon Elfe Mage, fanfiction que je vous ferai partager... si vous êtes sages! ;)

Par Black Moon Dream - Publié dans : Jeux vidéo
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  • Etudiante en Histoire née en 1991 et me destinant au "métier" d'écrivain, je vais présenter dans mon blog les livres, mangas, films et jeux vidéo qui m'auront plu ou moins plu, avec une critique détaillée. Principalement axé SFFF.

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